Dans le prolongement de l’offre de perfectionnement pour les moniteur·ices, un stage « sécurité P » de 4 jours s’est déroulé à Marseillan le week-end du 11 novembre 2023. Approche et remontée d’HLM, remorquages, déséchouement, navigation sans safran et évacuation étaient au programme, avec des exercices pratiques complémentaires du World Sailing. Stagiaire et moniteur vous racontent leurs expériences.

Gaëlle, monitrice croisière, stagiaire P :
J’encadre sur habitable depuis quelques années maintenant. Je ne te cache pas que lors des incontournables « topo sécu », quand arrivaient les procédures à mettre en œuvre en cas d’avarie, j’avais le sentiment de « réciter ma leçon ». J’avais quelques doutes sur leurs applications dans « la vraie vie » et au milieu de l’atlantique. Sur la base, cela faisait quelque temps que j’entendais parler de la préparation de ce stage et en particulier de la faisabilité de certaines méthodes de « sauvetage ». J’avais donc envie de passer de la théorie à la pratique.
Damien, moniteur croisière, co-encadrant P :
En effet, depuis plusieurs années, ce stage est en réflexion au sein du groupe de travail « sécurité » du CEB et soutenu par la base de Marseillan. Engagé dans un parcours hauturier, je suis particulièrement sensible aux sujets concernant la sécurité sous toutes ses formes. J’ai donc immédiatement saisi l’occasion de co-encadrer cette nouvelle mouture du « SécuP », inspirée d’un stage qui était régulier dans le passé.
Gaëlle, monitrice croisière, stagiaire P :
Il existe déjà des formations liées à la sécurité comme le World Sailing mais je cherchais plutôt un espace « d’expérimentation ». A la lecture de la description du programme, le stage semblait répondre à ma demande et pouvait se résumer ainsi : venez essayer et nous en débrieferons.
Damien, moniteur croisière, co-encadrant P :
C’est bien dans cet esprit que le stage a été pensé et nous avons souhaité laisser le plus de place possible aux initiatives et à la créativité des participants. Le programme global du stage a été présenté et les activités journalières furent une « surprise » pour les stagiaires :
- un peu de stress résultant des mises en situation ;
- un maximum de liberté ;
- pour seule ressource, le matériel disponible en hauturier, armé spécifiquement sur
« Emeraude » , un Dufour 325 ;
Pour moi en tant qu’encadrant, ce fut une opportunité d’observation proche de situations réelles. Bien-sûr, la sécurisation des stagiaires, du plan d’eau et du matériel est restée notre priorité tout en élargissant les limites habituelles grâce au soutien des collègues de la base.
Voici quelques-uns des ateliers abordés :
- HLM de nuit avec un mannequin et remontée de la personne,
- Mise en pratique de l’évacuation d’un navire,
- Safran de fortune,
- Déséchouement d’un 5.7 (non abordé dans l’article),
- Mise en œuvre de diverses méthodes de remorquage : (non abordé dans l’article)
notamment un ceinturage et lestage de la ligne de remorque.
Gaëlle, monitrice croisière, stagiaire P :
HLM DE NUIT ou une lueur pour l’espoir
Si le thème est capital, ça n’était pas forcément la partie que je voulais la plus investiguer dans le cadre de ce stage. Cependant, difficile de passer à côté d’une petite série de HLM lors d’un stage dédié à la sécurité.
Et effectivement, prendre le temps entre moniteurs fait du bien est toujours bénéfique. Même si j’avais déjà eu l’occasion de faire des HLM de nuit pendant le BPJEPS, le bilan est sans appel : sans lumière, tu n’as absolument aucune chance de retrouver la personne et pourtant ici nous étions sur l’étang de Thau !
Pas de lumière étanche = pas de navigation de nuit. Point ! J’ai tendance à avoir le même sentiment concernant la perche IOR : qu’est-ce qu’une petite tête aux
au milieux milieu des vagues ?
Damien, moniteur croisière, co-encadrant P :
Mise en pratique de l’évacuation d’un navire, un complément au WS
Le stage World Sailing reste un passage obligatoire de formation et de validation pour de nombreuses activités en haute mer. Nous avons donc voulu apporter un complément pratique et plus complet : de la découverte du cas critique jusqu’à l’embarquement dans le radeau.
Lors d’une paisible navigation, une voie d’eau non-maitrisable est découverte.
C’est au CDB d’organiser l’évacuation de son équipage en un temps compté : organisation de l’équipage, percussion et sécurisation du radeau de survie avant le transfert de l’équipage et du matériel de secours : « grab-bag » et autre.
L’équipage embarqué sur le radeau a aussi pu « subir » des situations de mer provoquant des retournements naturellement suivis de remontées à bord d’un·e équipier·ère en incapacité.
Gaëlle, monitrice croisière, stagiaire P :
Safran de fortune
Pour son aspect technique, je crois que c’est le thème que j’ai préféré. En effet, il faut faire preuve d’ingéniosité en disposant d’un minimum de matériel. Le principe est de reproduire les conditions d’une navigation hauturière alors hors de question de faire un complément d’équipement au magasin de bricolage du coin. Cela serait trop facile.
Pour son aspect humain également, ce stage m’a passionné car il faut être capable de faire preuve de leadership pour que le projet soit mené à bien, tout en recueillant les idées des équipiers et ne pas perdre leurs implications.
En conclusion
Damien, moniteur croisière, co-encadrant P :
La position d’encadrant pousse à prendre du recul sur ces situations et sur la dynamique du groupe « vivant » les situations. C’est un formidable apprentissage qui permet, lors des debriefs de retour en salle, un enrichissement des échanges sur la sécurité globale, l’effet tunnel et autres petites prises de risques souvent peu utiles.
Gaëlle, monitrice croisière, stagiaire P :
Si nous ne pouvons évidemment pas souhaiter vouloir vivre toutes les situations d’avaries en mer, ce stage permet d’aller jusqu’au bout de la réflexion et surtout de la mise en œuvre des solutions possibles. Je retiendrai que l’application la plus simple est souvent la meilleure.
A toi de naviguer
Si toi aussi, tu souhaites participer à un stage « SécuP », deux stages au format week-end de 4 jours sont programmés pour la saison 2024 : les 13 avril et 9 novembre.
Tu as aussi envie de partager ton expérience et enrichir les contenus de l’association, alors prends contact avec le groupe de travail au sein du CEB … ou même rejoins-le !
Gaëlle Guilbert et Damien Barbara
