Les Glénans – Encadrement Bénévole

« Les conditions furent au rendez-vous » : retour sur la Bande Rouge, édition 2025

Au cours du week-end du 3 au 5 octobre dernier s’est tenue l’édition 2025 de la Bande Rouge, la réunion annuelle où moniteurs et monitrices peuvent se retrouver et naviguer ensemble, pourquoi pas sur des supports qui leur sont inconnus. Gwendal Joffredo et Laura Leblanc vous proposent ici de (re)vivre ce week-end.

Témoignage de Gwendal Joffredo :

La base de l’île d’Arz a une fois encore accueilli cette belle initiative et les conditions furent au rendez-vous : grand soleil la plupart du temps, juste ce qu’il faut de pluie pour sublimer le vent fort du samedi après-midi et une bonne brise le dimanche matin pour permettre de boucler le tour du golfe sans trop de retard sur la cuisson des patates douces.

Sous la houlette experte et grâce à la confiance et la bienveillance de Camille, la cheffe de base, que nous remercions ici bien chaleureusement, la trentaine de moniteurs et monitrices ont pu naviguer sur les trois sessions prévues malgré les conditions sportives – force 5 forcissant 6 le samedi avec des rafales jusqu’à 37 nœuds ! – et ont offert au golfe une jolie revue de la flotte : si la matinée du samedi a pu voir les Nacra voleter au ras de l’eau, les 29erfendre la houle au planning et les Hobby Cat 16 se tirer la bourre sous spi, occasionnant des soleils mémorables finissant dans la vase, l’après-midi rafaleux aura permis à l’équipage du Surprise d’expérimenter en croiseur les grandes descentes sous le vent tandis que celui du 5.7 tentait tant bien que mal de le remonter. Fier représentant de ce dernier, je ne pouvais qu’être jaloux des Nacra 15 fusant en double trapèze dans ces conditions parfaites pour eux.

Après avoir été balloté trois heures durant entre les rafales et les fous rires, tout ce beau monde a pu profiter du magnifique coucher de soleil puis de la soirée endiablée par des mimes tous plus farfelus les uns que les autres (avec une pensée émue pour l’inimitable licorne de Camille).

Le lendemain, nous avons tous participé à un grand raid autour de l’île d’Arz. Les troupes en présence : le Surprise, les Hobby 16, les RS 500 et les 29er. Armés de cartes bien annotées pour passer entre les milles obstacles du golfe, toute la bande (pas rouge mais bien bronzée par la sortie d’hier) a commencé le tour par le sud, en prenant garde aux cardinales et aux rochers un peu traîtres. Arrivés à l’ouest, nous avons assisté aux premières loges à l’impressionnant départ de la Cata Golfe à laquelle participaient trois de nos Hobby 16. Les douze nœuds de vent ont permis de manœuvrer sans heurts jusqu’au nord du golfe. Mais, arrivé à l’entrée du dernier point chaud du parcours, l’équipage du Surprise, fort de son gigantesque spi et devançant de loin la flotte, a planté la quille dans la vase et s’est échoué ! Son navigateur, qui a l’honneur d’écrire ces quelques lignes, voile légériste de son état et peu versé dans l’art subtil du calcul de marée avait en effet oublié un petit détail : l’anticyclone de 1028 hPa qui avait élu domicile au-dessus de sa tête ! En effet, le coefficient de marée n’étant que de 74, je pensais naïvement que nous aurions de l’eau sur encore quinze bons mètres. Bien mal m’en a pris puisqu’ayant oublié de retrancher les quelques centimètres en moins dusà la pression atmosphérique de l’anticyclone, nous n’avons rien pu faire d’autres qu’attendre une demi-heure que la marée nous déloge. Dans notre malheur, nous eûmes tout de même la joie d’assister au défilé des 29er et de leurs élégants spis noirs se moquant gentiment de nous et nous saluant en riant, et les vingt-cinq degrés de midi ne nous ont pas rendu désagréable ce momentané séjour.

C’est ce genre de moment qui nous font autant apprécier la Bande Rouge : l’expérience acquise par la pratique, l’apprentissage par la gamelle, le partage si précieux des expériences que chacune et chacun ont pu acquérir sur leurs bases respectives et les anecdotes partagées autour d’un bon repas cimentent, je crois, les liens entre les membres de l’association et leur permettent d’ajouter quelques cordes à leur arc. La parade bariolée des voiles, les couleurs uniques de la fin de l’été sur le golfe, la gentillesse et la chaleur de ce grand équipage ont fait de ce merveilleux week-end un rendez-vous immanquable de la saison glénanaise.

Encore un grand merci aux organisatrices et organisateurs, Valou, Maud, Enora, Guillaume et Nicolas. Bon vent à toutes et à tous et à l’année prochaine pour l’édition 2026 de la Bande Rouge !

Gwendal

Témoignage de Laura Leblanc :

Ce vendredi 3 octobre, j’embarque à nouveau sur la navette Breizhgo qui me permet de rejoindre l’ïle d’Arz depuis Vannes. Cette fois-ci, ce ne sera pas pour encadrer un stage de dériveur sur la base comme cet été mais pour naviguer entre moniteurs le temps d’un weekend. Et pour mettre en oeuvre ce weekend, Camille, la cheffe de base, Valou, monitrice bénévole et les deux présidentes membres du CEB, Énora et Maud nous ont concocté un programme très spécial. Nous, les 30 moniteurs incrits, disposons de tous les supports (dériveur, catamaran et croiseur) pour nous amuser et progresser sur l’eau tout le weekend. Nous nous inscrivons avec hâte dès notre arrivée pour pouvoir partir sur l’eau. Le samedi matin, j’embarque ainsi à bord d’un Surprise avec d’autres moniteurs et on profite de ces premiers bords dans une quinzaine de noeuds sous le soleil.

L’après-midi, je monte en dériveur et le plan d’eau nous réserve des conditions exceptionnelles voire insolites pour les voile-légéristes car c’est dans plus de 25 noeuds que nous naviguons en Vago, le bateau parvient à prendre beaucoup de vitesse, surtout sous spi, c’est grisant. Un grain passe, tous les dériveurs autour de nous ont déssalé, comme nous. Le plan d’eau, battu par la pluie, s’est soudainement assombri nous offrant une vision crépusculaire magnifique de ce morceau du golfe du Morbihan. Nous testons dans le passage du grain, avec beaucoup d’excitation les limites de nos supports, l’absence de stagiaires nous permet de naviguer dans des conditions un peu extrêmes. Le lendemain, on profite d’un temps plus doux pour faire le tour de l’île d’Arz en flotte complète sous le soleil. Les voiles remontent toutes au travers vers l’Ouest de l’île d’Arz vers la pointe de la Brouel puis contournent le nord de l’île en entamant leurs premiers bords sous spi. Le courant contre nous rend les derniers bords au près devant l’île d’Arz plus ardus, et le jeu consiste désormais à arriver les premiers sur la cale. Les derniers dériveurs optent pour différentes stratégies afin d’atteindre la base, optimisant le cap pour certains, la vitesse pour d’autres qui avancent un peu en crabe à cette heure de la marée. Le weekend se clôture. Ce sont des visages illuminés, nos corps encore ballotés par les flots, nos éclats de rire. 

On se sera rappelé pendant ces trois jours que les Glénans, c’est aussi cela : l’engagement de certains bénévoles et RTQ, qui prennent des initiatives pour faire vivre notre association, autrement. Ce weekend n’aurait pu exister sans eux. C’est aussi cela que nous invite à faire la Bande rouge : devenir acteur des Glénans, pour réfléchir, proposer de nouveaux caps à donner à notre association qui ne doit pas suivre un pilote automatique mais suivre un cap tenu à la barre par toutes nos mains.

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